James Bond à Mâcon

, par La Rédaction

Septième roman de l’écrivain britannique Ian Fleming qui met en scène l’espion James Bond, Goldfinger est publié en 1959 au Royaume Uni et traduit en français l’année suivante [1]. Il raconte la rencontre de James Bond avec le trafiquant d’or Auric Goldfinger. Bond est engagé en mission pour comprendre le travail de Goldfinger et en rapporter les éléments au MI5, le service de renseignement pour la sécurité intérieure du Royaume-Uni.

Édition aux Bouquins en 1986

Après une partie de golf en Angleterre, Goldfinger fait un voyage en France, dans sa Rolls, voyage à travers lequel Bond va le traquer, avec un émetteur de portée de 150 kilomètres. Du Touquet, où il arrive par avion-ferry, Goldfinger se dirige vers Abbeville, puis Rouen, Evreux, Dreux Chartres, Orléans. Il loge aux Arcades, tandis que Bond choisit l’Hôtel de la Gare. S’il n’aime pas Orléans, l’agent 007 apprécie la région qui est autour, sur la route qui le lendemain les emmène vers Nevers, tandis qu’une Triumph déjà aperçue au départ d’Angleterre, puis à Orléans, semble de la partie.

S’il repère que la Rolls part vers l’Est, après un arrêt, Bond perçoit un problème à venir.

« Il fallait rattraper la Rolls avant Mâcon, où un nouveau grand carrefour risquait de lui faire perdre un temps considérable, s’il prenait la mauvaise direction. Goldfinger aurait le choix entre la route de Lyon et celle de Genève, et il s’agissait de ne pas le laisser filer ; sans compter qu’il allait également devoir s’occuper de la conductrice de la Triumph, qui ne pouvait que le gêner. […]. Le bourdonnement de l’émetteur s’accrut au moment où il arrivait dans les faubourgs de Mâcon. Il décida de se rapprocher au maximum de la Rolls, au risque de se faire repérer. Sa voiture basse avait une chance de passer inaperçue aux yeux des occupants de la Rolls et il était essentiel pour Bond de savoir si Goldfinger allait traverser la Saône en direction de Bourg, ou tourner à droite, pour prendre la Nationale 6 vers Lyon. Presque au bout de la rue Rambuteau, notre homme aperçut un éclair qui venait de dépasser le pont de chemin de fer et un petit square. La haute carrosserie argentée se dirigeait vers la Saône. Bond sourit en voyant les passants se retourner au passage de la grosse voiture de luxe. La Saône, Goldfinger allait-il tourner à droite ou continuer tout droit ?... Tout droit !... » [2]

Photo : de la rue Rambuteau à la rue Philibert-Laguiche (extrait de vue aérienne du 15/09/1970, Archives municipales de Mâcon, Fonds Georges Thomas, cote 4Fi478)

L’espion s’aperçoit alors que la Triumph le suit. « Bond arrêta net devant une boucherie et passa immédiatement en marche arrière. Il y eut un BANG sonore. Bond coupa le contact et sortit de la voiture. » Après quelques mots, la conductrice le frappe au visage. « Bond se massa la joue. Quelques badauds s’étaient déjà attroupés. - Vas-y, la gosse ! Encore un direct du droit, et il sera K.O., cria un loustic. »

La Triumph est en rade. « Un mécanicien qui se trouvait dans la foule s’offrit pour alerter un garage et faire venir une dépanneuse. » Si Bond lui offre de quoi payer les réparations et les frais d’hôtel, la conductrice refuse et lui demande de l’emmener à Genève. Ce qu’il accepte.

« - Commençons par mettre vos bagages dans mon coffre. Je prendrai ensuite toutes les dispositions nécessaires pour faire réparer votre voiture. Pendant ce temps, vous seriez gentille d’aller nous acheter quelques sandwiches et quelque chose à boire pour la route. Voici de l’argent… Je vous signale qu’un morceau de saucisson de Lyon, une baguette, du beurre et une bouteille de Mâcon, me feraient le plus grand plaisir. N’oubliez pas de demander au marchand de déboucher la bouteille. »

Ils partent peu de temps ensuite rejoindre Bourg, direction la Suisse, pour y retrouver le méchant de l’histoire…

Quand le récit est porté à l’écran, en 1964, avec Sean Connery dans le rôle principal, les personnages vont de Londres à Genève en avion, directement, oubliant toute cette aventure sur le sol français et mâconnais...

Affiche du film Goldfinger, avec Sean Connery, en 1964

Notes

[1Rappelons, au-delà de l’amusement du passage raconté ici, que Ian Fleming est connu pour des propos racistes dans les premiers récits de James Bond, et pour une tendance mysogine, davantage présente ensuite au cinéma.

[2Traduction et édition utilisées pour les citations : FLEMING, Ian. Goldfinger. In James Bond t. 2. Paris : Robert Laffont (Bouquins), 1986,p. 78-90 (traduction de 1986 par Jean-François Crochet)